Harena Madagasikara

Historique d’Harena Madagasikara :

Peu après la création de Harena, association pour la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel malgache, en France en 2009 à l’intention de tous ceux qui s’intéressent à Madagascar et à la protection de ses biens, l’idée de former une association sœur au pays même est naturellement venue à l’esprit.

Le nom avait été choisi en France pour la facilité de la prononciation sans parler de sa signification évidemment. Dans son pays d’origine, l’usage trop courant du mot risquait de plonger la future association dans la mêlée des divers organismes, groupes, établissements et autres institutions s’occupant de richesses en tout genre. Là n’était pas la question au début, même si, par précaution, les fondateurs ont demandé un papier officiel de l’OMPI assurant l’exclusivité de l’appellation pour une association. La question était plutôt de trouver suffisamment de personnes désireuses de la fonder : ce n’était pas aussi facile qu’on l’aurait cru car les hommes et les femmes de bonne volonté vis-à-vis du patrimoine étaient déjà engagés dans des associations au même but, donc une de plus sur la place ne semblait pas utile, surtout au vu des résultats obtenus par les groupements existants. Ce n’est pas une critique, c’est un constat des difficultés causées par les réalités du pays.

En 2013 enfin, Jean-Michel RASOLONJATOVO a pu rassembler autour de lui des personnes en nombre suffisant pour former Harena-Madagasikara. Passons sur le parcours administratif qui n’a permis l’officialisation de la création qu’en 2014. Passons encore sur les circonstances malheureuses qui ont empêché le bon fonctionnement de la nouvelle association pendant un long moment et gardons en mémoire, avec une profonde gratitude, le travail accompli par le premier président malgré sa maladie.

Notre reconnaissance va à nos amis, les membres de Harena qui vivent en France. Ils ont eux-mêmes surmonté des obstacles pour s’affirmer dans un contexte où Madagascar apparait comme un champ d’action humanitaire, et la sauvegarde du patrimoine n’est pas prioritaire à première vue. Là encore passons rapidement sur les difficultés, et venons-en au principal sujet de satisfaction actuellement : la collaboration entre les deux associations pour l’organisation d’un concours de photographies, qui en est à sa troisième édition. En effet, après les manifestations culturelles habituelles, présentations de musique, chants et poèmes, est apparue l’idée de mettre en avant les menaces qui pèsent sur le patrimoine culturel et naturel à Madagascar par le biais de photographies. Nous commençons une belle collection, mais par delà l’esthétique, nous espérons apporter notre contribution à la prise de conscience du public sur la nécessité de préserver nos constructions anciennes et modernes, nos sites endommagés par les catastrophes naturelles et humaines, notre flore et notre faune bien connues à l’étranger et méconnues chez nous.

Terminons sur un appel qui n’est pas original, mais qui ne doit pas être lancé par une voix qui crie dans le désert : le champ est vaste, les idées nombreuses, diffusez le message d’urgence, aidons-nous mutuellement à passer à l’action.

Yvette Rabetafika Ranjeva
Membre fondateur de Harena et de Harena-Madagasikara